Mes longues anglaises auburn sont agitées par le vent. Je ne peux pas détacher mon regard de ses yeux. Si foncés, et pourtant si expressifs... Je frisonne et essaye de bredouiller quelques paroles pour m'en aller d'ici. Pourtant , le coeur n'y est pas. Je veux rester, rester ici, peut être toujours, malgrès le froid, la pluie, et son regard, bien que dénué de mauvaises intensions braqué sur moi. Ces mots, pourtant si faciles à ressentir mais si durs à prononcer, ils les avais prononcés d'une manière si douce, si ... Si franche. Je n'arrivais pas a détourner mon regard. Je ne le savais que trop bien à présent. C'était lui et moi, seuls, ici , immunisés contre les préjugés des gens. Le vent glacial avait transpercé mon coeur, gonflé par ses mots. J'attends. J'attends qu'il me délivre de cette ambiance, comme il délivrais mes sentiments. Pourtant il ne cesse de me dévisager. Je sais ce qu'il veux me faire ressentir. J'ai compris... Mais je n'en peux plus. Tout est de sa faute après tout, pourquoi devrais -je me limiter a son regard marron glacé ? J'ose enfin détourner les yeux, pour regarder a côté de moi, dans ce paysage d'hiver, tellement triste. La pluie, douce mais pénétrante, commence a me tremper. Je tourne les talons de mes derbys qui crissent sur le sol. Je commence a m'en aller doucement, mon corps s'en va, mon esprit reste ici, avec lui. Sa main m'attrappe le bras avec insistance mais sans me blesser et je me retourne instinctivement. Il me sourit et s'approche de moi. Je lâche mon sac Gucci et saute a son cou. Ses bras m'enferment dans une étreinte douce et éternelle,
Je t'aime.Photo: Sasha Pivovarova.